dimanche 30 mars 2008

ACTE 2 : BEAUPUY

L'ambulance est arrivée. on était avec maman dans la chambre et une infirmière venait juste de refuser de me détacher pour aller aux toilettes, donc humiliation à faire dans leur bassin.
on m'a transporté sur un lit roulant jusque dans le camion. Maman a demandé à ce qu'ils l'attendent car elle ne savait pas où se trouvait la clinique et devait récupérer sa voiture garée dehors.
le camion a démarré. l'ambulanciere qui conduisait etait tres gentille avec nous mais tres nerveuse contre tout le reste du monde. l'ambulancier resté avec moi était plus cool et me demandait des renseignements administratifs. Elle a sorti le camion et on a attendu maman en faisant le tour du rond point. ca n'a pas été trés long, et on est parti. pendant tout le trajet, je faisais poliment la causette en verifiant que maman etait toujours derriere (et en me demandant ce qu'elle pensait) et en priant que l'on aille suffisamment loin pour que je ne croise personne de mon boulot.

on a finit par arriver dans un grand parc et j'ai été bien contente de toute cette verdure. je l'ai partagé avec l'ambulancier, je ne savais pas que je n'aurais pas droit à tout ca!on s'est garé et l'ambulanciere a ete se "bagarrer" avec une bonne femme de l'accueil qui n'était pas bien accueillante. maman la secondait.
et puis on est entrée, moi toujours comme une invalide sur ce lit.

j'ai ensuite vite été mise au parfum. on a vidé le sac et on m'a pris bien sur tous les objets qui craingnaient mais aussi le portable, les lacets et le cordon d'un pull. j'ai trouvé cela vraiment abusé!
où était maman alors? partie? me rapelle plus
mais je n'avais pas dit mon dernier mot et dés que j'ai eu deux secondes avec l'infirmiere le dos tourné, j'ai piqué mon portable et mon mp3.

ensuite flash: je suis dans les toilettes, cachée pour avertir mon boulot de mon arret maladie (mon dieu mais qu'ai je pu dire). je raccroche, avec les mains tremblantes et la splash, le portable qui tombe dans les toilettes! heureusement, maman m'en a ramené un dans les quelques heures qui ont suivies. mais ou dormait elle, et ne travaillait elle pas??
en tous cas, on voit bien tout le paradoxe de parents qui veulent faire confiance aux médecins mais détournent les regles des que ca peut les aider a eux, faut pas se voiler la face.

bien sur il ne falliat pas compter avoir de couteaux, on mangeait dans la chambre.
a part un dimanche ou on nous a proposé des activités manuelles, il n'y avait rien d'autre a faire que tourner en rond dans le minuscule jardin boueux. ou alors colorier des mandalas.parce que les infirmières n'avaient pas le temps.
elles étaient présentes cela dit. tous les gens que j'ai croisés la bas étaient la pour etre orientés mais donc contre leur gré et potentiellement dangereux. mais les infirmières etaient tellement chaleureuses que jamais il n'y a eu de debordements, elles geraient avec le sourire. elles ont su etre la pour moi aussi.

parce que faut pas deconner, dans une telle atmosphere, je me rappelle avoir ete pas mal angoissée, de la a en faire des crises et notemment une, a se taper la tete contre les murs. quand les infirmieres ont pu faire que ca aille mieux, elles ont demandé à ce que le psychiatre vienne. et la c'etait la folie parce que ce gars, de remplacement de celle que je devais avoir, etait d'une froideur affolante la premiere fois ou je l'avais vu. et la, il s'est baissée, il a pris ma peluche lapin et il a dit "oh il est mignon, il s'appelle comment?". j'ai meme pas pris la peine de lui répondre, je me sentais pas assez pitoyable pour qu'on me traite comme une gosse...

il y avait aussi le problème de savoir a qui parler parce que les gens semblaient calmes mais je sais tres bien que ca peut déraper sans savoir pourquoi ni comment. de meme, y avait un jeune, comme moi et evidemment aucune personnalité, il arretait pas de me coller. et moi, trop gentille pour dire degage je laissais ce gars a ma botte. apparemment je lui ai donné mon adresse mail car j'ai recu un mail de sa part. bref...

une fois aussi, on a été faire du sport dans une salle. mais pour y aller, ca a été tout un truc, il a fallu attendre le prof, attendre qu'il y ait deux infirmières, une devant le groupe et une autre derriere et bonjour comment on etait encadrés, vive le stress. mais bon, ca m'a permi de sortir de ce huit clos . on est monté et j'ai découvert la veritable fourmillière qui grouillait. des tas de gens, plutot vieux, dans des services ouverts et qui eux avaient la possibilité d'aller dans ces champs que j'avais vu.

parce que oui, j'ai oublié de préciser que nous étions, memebres du sous marins, que des contraints de l'hospitalisation. maman avait du signer une HDT aprés un cafouillages au niveau des psys.

les psys justement, la "mienne" a finit par revenir et avec la pression de maman, elle a tout fait pour accélérer mon transfert. moi j'angoissais que l'HDT complique les choses mais finalement assez rapidement meme si tout paraissait interminable, j'ai ete transférée a aufrery.
c'etait le jour de la greve des taxis. Fonvielle la psy est entrée dans ma chambre pour m'annoncer la nouvelle. ensuite, ils se sont encore bien appuyés sur la présence de maman pour qu'elle m'amene la bas.

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