samedi 1 novembre 2008

apres un an...

octobre 2008, un an de boulimie, dix sept kilos de plus au compteur. j'ai crevé tous les plafonds.

j'ai entendu par ma mere un "reste avec elle dans la voiture sinon elle va tout baffrer", de mon pere un ""la seaine derniere t'avais du bide et du cul mais la ca va mieux " (alors que mon poids n'avait pas changé...)
j'ai entendu beaucoup de "mais tu avais besoin de prendre du poids" et encore plus de "ca prends du temps".

peut importe ce que disent, ce que pensent les gens, moi je ne me supporte plus. je ne peux plus me doucher, je ne peut plus me regarder. je n'envisage meme pas d'etre desirable pour quelqu'un.

mais j'ai la chance de savoir m'habiller. je mets mon armure de clown, ui cache toute mes formes de facon saillante. les gens ne me regardent pas, ils regardent mes fringues. je cache bien que je suis mal dans ma peau, j'ai un style, et ca c'est super important pour moi.

depuis l'année derniere, je vais regulièrement sur un forum qui m'aide, en me faisant parler avec d'autres filles atteintes de TCA, en se sentant moins seule. et puis trouver les mots pour les autres c'est aussi les trouver un peu pour soi.

esperant peut etre une hospitalisation dans un lieu adapté et envisageant cela comme la recette miracle, j'avais pris pendant l'ete rdv avec une psychiatre s'occupant d'une clinique specialisée. le premier rdv a cassé tous mes espoirs. pour elle, il suffirait de faire des entretiens familiaux, de briser ma solitude. que des mots, que des mots, et moi qui continuait a enfler..

au deuxieme rdv, elle a expliqué qu'il vaudrait mieux que je fasse du theatre que de travailler pour apprendre a gérer mes emotions. je deteste ces rendez vous ou je suis entre mes parents, comme une petite fille. et en plus elle ne nous ecoute meme pas, ele ne fait que dire sa messe sur les boulimiques..

je me suis donc inscrite a une salle de muscu, j'ai trouvé une ecole de theatre et j'ai trouvé une association pour les personnes atteintes de TCA.

dans cette association, y a une dieteticienne specialisée, une psychologue,une infirmiere et une psychiatre.
des ateliers sont proposés quasiment tous les jours. j'ai commencé a y aller et cela a posé un cadre et mis un rythme a mes journees.

le lundi, c'est atelier cuisine. le mardi c'(est groupe de parole, le mercredi c'est theatre et le jeudi c'est activité diverse.
j'ai aussi eu rdv avec la dieteticienne qui m'a demandé de faire un carnet alimentaire. je vais en parler plus bas.

malheureusement entre temps il y avait eu cette fameuse crise qui m'avait amené sur le pont. au cours du troisieme entretien avec la psy familiale, elle a soulevé la possibilité d'une hospitalisation. mais la c'est moi qui etait contre, mainteant que j'arrivais a reprendre les rennes et organiser des choses. elle n'a pas insisté.

le carnet alimentaire m'a permi de me rendre compte que je faisais mainteant les crises en dehors de chez moi, dans la rue, a velo, en voiture beaucoup. des fois je me posais n'importe ou, dans le caniveau au ras des voitures, peu importe. les pulsions sauvages m'emportaient. j'essayais quand meme de mettre en pratique ce qu'elle m'avait dit: "un repas normal par jour". en effet, je m'etais rendue compte que finalement je passais ma journee a manger non stop mais rien qui puisse faire un repas.

Aucun commentaire: